Le biniou est la plus petite des cornemuses depuis le XVIIIème siècle, il sonne à l’octave de la bombarde.
L’iconographie des cornemuses antérieures à la Révolution de 1789 représente un lévriad égal ou supérieur en taille à la bombarde, comme dans d’autres pays d’Europe (celui ci rappelant l’actuelle veuze du pays Nantais). On pense aujourd'hui que la réduction du lévriad n’aurait pas été progressive mais plutôt rapide au début du XIXéme siècle. Cette montée d’octave du biniou a pu être motivée dans un but de modernité, de puissance sonore, d’une demande très forte du couple biniou - bombarde ou de la combinaison des trois. Ce type de jeu décalé d’un octave est très rare, voire unique. On le retrouve cependant en Italie avec le couple Piffaro – Zampogne, en formule inverse cornemuse grave et hautbois aïgu.
L’appellation biniou kohz est apparue dans les années cinquante pour le différencier de sa cousine la cornemuse écossaise, en plein essor en Bretagne avec la création des bagadou.
Le biniou s’articule autour d’une poche en cuir (veau, vache, mouton) trois souches y sont fixées par des ligatures poissées, celles ci servent de réceptacles aux trois éléments qui constituent le biniou kohz :
Le porte vent ou suttel, simple tuyau tourné et ouvragé, obturé par un clapet de cuir servant à insuffler l’air dans la poche.
Le chalumeau communément appelé lévriad à anche double de perce conique, percé de six à sept trous de jeu et en général de deux ouïes latérales dans sa partie inférieure.
Le bourdon (korn bout) à anche battante simple sonnant deux octaves en dessous du chalumeau. Il est en général composé de trois pièces qui s’emboîtent de façon à obtenir une longueur réglable permettant différents accords. Il se termine à son extrémité supérieure par une cavité servant de caisse de résonance.